Avec cette série d’article “Comment réaliser son premier investissement en actions”, nous sommes très fiers de lancer la rubrique “La Tribune des Pastéquiers”, dans laquelle nous donnons la parole à d’autres pastéquiers que les habituels Hector et Thomas. Pour la grande première c’est un pastéquier avant-gardiste et banquier tantôt suisse tantôt londonien qui va vous expliquer comment sélectionner les bons investissements en actions. De la comparaison des différents acteurs, à l’ouverture d’un compte chez l’un d’entre eux, en passant par la définition des indices et des ETF, et comment les comparer entre eux, vous serez incollables sur le sujet. Bonne lecture, Thomas.

C’est l’heure de l’action

Nos amis hipsters parisiens pensent avoir découvert du pétrole sous leurs pieds lorsqu’ils parlent de placer leurs économies dans l’objectif de faire 4% par an, ce qui honnêtement est bien, mais assez peu concret. Des lecteurs qui ont dépassé le stade de la simple lecture de l’article ont peut-être voulu foncer à l’étape d’après du “J’ai regardé sur Boursorama, mais je ne sais pas chez qui aller et quoi prendre” parce que jusque-là, personne n’a un vrai plan. Voici donc un article qui va parler concret, de la vraie exécution. Comme il est communément répété chez tous les start-uppers : “seule l’exécution compte” parce que l’idée toute seule ne vaut pas un kopeck, pas vrai ?

Chez qui on achète ?

Il existe une longue liste de banques et courtiers français sérieux et réputés et qui disposent d’un grand choix de produits. Pour sélectionner les meilleurs, une seule méthode : nous nous concentrerons tout simplement sur le moins cher. Vous n’êtes pas un trader, vous n’allez pas passer douze heure par jour sur votre interface d’investissement, nous ne nous focaliserons donc pas sur l’expérience utilisateur, le confort ou le design du site. Après tout, on parle économies et gros sous donc menons cette philosophie jusqu’au bout. D’autant que vous irez acheter vos produits financiers grand maximum une fois par mois, soit au moment où vous recevez votre salaire.

Petite mise en garde sur les comparateurs (et sur internet en général) : vous trouverez beaucoup de sites plus ou moins bidons proposant un pseudo comparatif des courtiers. Ces sites sont généralement bourrés de liens sponsorisés pour arrondir les fins de mois de leur créateur. Les vrais sites qui ont osé la comparaison ont disparu pour des raisons juridiques. Eh oui, tout le monde se sent offensé de nos jours, même les méchantes entreprises financières Hum hum. On ne conseillera donc rien, on constatera.

Puisqu’aucun comparateur ne sort de la mêlée, à nous de nous prêter au jeu des comparaisons. Première remarque, il n’est pas si évident de comparer les tarifs. Ceux-ci ne dépendent pas uniquement de la taille de la transaction, qu’on appelle un « ordre », mais aussi du nombre de fois que vous passez des ordres sur une période donnée. Ci-dessous un graphique dans le cas où vous ne passez qu’un seul ordre, en fonction de la taille de l’ordre :

Pour faire encore plus concret, voici un tableau récapitulatif des frais que vous devrez payer si vous réalisez deux ordres de 500€ par mois, soit 1 000€ par mois ou 12 000€ par an au total :

 

Coût des ordres par an Coût en % des ordres
Boursorama – Découverte               48.00 € 0.40%
Boursorama – Classic             132.00 € 1.10%
Binck               60.00 € 0.50%
Bourse Direct               45.60 € 0.38%
Fortuneo               46.80 € 0.39%
BNP Banque ligne               59.40 € 0.50%
BforBank               60.00 € 0.50%
ING Direct               96.00 € 0.80%

Voilà, vous pouvez tirer des premières conclusions. Si vos montants deviennent plus gros, ou si vous passez plus d’ordres, certains courtiers perdront leur avantage et d’autres pourraient revenir dans la course. Seul Boursorama Classic semble complètement hors-jeu dans cet exemple : cette formule s’adresse à une catégories d’investisseurs qui investissent beaucoup plus d’argent et n’est pas adaptée pour la plupart d’entre nous. Si vous faites comme Thomas et Hector, et décidez d’ouvrir un compte chez Boursorama, ouvrez bien un compte formule découverte.

Prenez simplement conscience qu’aucun acteur présenté ici n’est fondamentalement mauvais : chacun cherche à offrir des frais attrayants pour une catégorie d’investisseurs. Le plus important, c’est de prendre la décision d’investir rapidement et ne pas manquer le train des intérêts composés, pas de passer six mois à comparer les banques et les courtiers !

Quel objectif quand on ouvre un compte d’investissement ?

L’objectif, c’est d’avoir un investissement passif qui nous prendra le moins de temps possible à gérer tout en fournissant un rendement correct. D’office, il y a donc déjà 3 éléments clés qui guideront notre quête : diversification, diversification et diversification !

Si un jour vous entrez avec un joli montant à placer dans une banque privée d’un pays à la fiscalité attrayante, votre conseiller se fera un plaisir d’inviter un spécialiste de l’allocation d’actifs. Celui-ci vous expliquera comment équilibrer le risque et les rendements en jouant sur plusieurs classes d’actifs (comprenez, sur une forme de diversification). Plus prosaïquement, il vous montrera beaucoup de camemberts et de tableaux “scientifiques” représentant le portefeuille optimal conseillé par l’économiste en chef de la banque. Bon nombre de mots techniques et autres anglicismes seront utilisés. N’ayez craintes, nous les décryptons pour vous.

Ci dessous, un exemple de ce type de tableau présenté par UBS, banque suisse et accessoirement plus gros gestionnaire de fortune (on dit banque privée quand on est poli) au monde :

Source : allocation UBS

Ce tableau représente les différents portefeuilles correspondant à chacun des profils définis par la banque. Les portefeuilles sont composés des mêmes classes d’actifs (actions ou “equity”, obligations ou “fixed income”, matières premières ou “commodities”, alternatif ou “non traditionnal”, etc.). Les classes d’actifs sont toujours les mêmes ; seule varie la répartition entre ces classes d’actifs dans chaque portefeuille.

Cette répartition varie surtout selon votre “profil” que la banque a déjà catégorisé : si vous êtes vieux, si vous aimez le risque, si vous avez un horizon de temps long pour votre investissement, etc. Ainsi les profils vont de Conservateur à Agressif et au milieu un Modéré (ou indécis ?). La répartition du portefeuille pour le profil Modéré est de 40% actions, 40% obligations et 20% alternatifs. En règle générale, les profils plus agressifs prendront une plus grande part d’actions au détriment des obligations, et inversement pour les plus conservateurs. Ne perdez pas le temps à chercher sur le site d’autres banques, généralistes ou privées, cette répartition et catégorisation est partout pareil. Ici nous avons pris l’exemple de la banque suisse aux trois clés pour ses clients fortunés. Toute originalité sur un sujet aussi sérieux pourrait couter très cher.

Note de Thomas : En finance, personne ne vous reprochera de perdre de l’argent pendant une crise, puisque tout le monde en perd. C’est de perdre quand tout va bien qui vous coûtera votre tête. Pour éviter ce remake de la Révolution Française, les gestionnaires d’actifs ont tendance à tous faire la même chose.

Petit rappel sur les différents instruments financiers

Si vous avez moins de 30 ans, et que vous cherchez à faire fructifier votre épargne pour un projet lointain, nous sommes sur un horizon de temps long. Avoir un portefeuille composé exclusivement d’actions, plus volatiles mais plus rémunératrices, semble donc approprié. En pratique, notre banque ci-dessus conseille 85% d’actions pour les agressifs.
Ça tombe bien nous allons nous concentrer sur ce segment dans cette série d’articles. Vous pourriez trouver plus sage de choisir le portefeuille classique à 50% actions et 50% obligations, pour lequel on ne pourra pas vous reprocher de vous être trompés. Mais vous généreriez moins de rendement, ce serait dommage. Avec l’âge, l’horizon d’investissement diminue et votre profil change. On intègrera donc une part de plus en plus grande d’obligations dans votre portefeuille… et ce sera le sujet d’un article à paraitre ultérieurement !

La classe d’actifs alternatifs comprend les fonds qui investissent dans l’immobilier, les hedge funds et du Private Equity (investissement dans des entreprises non-côtées en bourse), voire d’autres choses plus excentriques (art, vin). Vu nos économies limitées, nous pouvons d’office éliminer cette classe de notre portefeuille. Pour les vrais guerriers du risque, s’il y a un bien truc alternatif que les banques n’ont pas le droit de distribuer mais qui vous est directement accessible ce sont les cryptos monnaies. On en parle moins depuis la chute du Bitcoin l’hiver dernier, mais attendez-vous à ce qu’elle revienne à la mode dès que la remontée se fera sentir.

On peut aussi combiner l’art et les crypto pour du crypto-art. Même les hipsters de l’alternatif ne connaissent pas les RarePepe, c’est carrément avant-gardiste. La carte Simpson vaut 39.000 balles. Vous me prenez pour un crétin pour l’instant mais quand mon Basquiat vaudra pareil, vous rirez moins et aurez les même remords que pour le Bitcoin !

Conclusion : Première partie

Vous l’aurez compris, la conclusion de cette première étape est de vous faire ouvrir un compte dans une banque ou un courtier financier. Hector et Thomas font la pub de Boursorama parce qu’ils en sont très satisfaits, je n’ai personnellement pas de préférence particulière.
Une fois que vous êtes inscrit, vous pourrez comparer la répartition des différents profils proposés, du plus agressif au plus conservateur. Vous savez quoi ? Je parie que quel que soit votre compte, la répartition ne sera pas bien différente de celle proposée plus haut.

Comme promis, la prochaine étape sera de détailler les indices actions pour vous permettre de sélectionner les meilleurs d’entre eux et d’investir dans le vaste marché des actions.

 

Tous les articles de cette série :

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu