C’est LA grande nouvelle de cette fin d’année 2019. Après presque un an de réflexion, à peser les (quelques) contre et les (beaucoup de) pour, Chloé et moi avons décidé de faire le grand saut. Nous quittons Paris pour aller vivre à la Réunion. Je répète pour ceux qui ne s’étaient pas encore bien rendu compte de la portée de cette annonce : on déménage à 9 386 kilomètres de chez nous (merci Google), on prend un aller simple pour une île paradisiaque, on range nos vies dans deux valises et hop, en voiture Simone (dans l’avion Gaston ?) !

Les origines du projet

2019 aura décidément été une année pleine de grands changements pour moi. Après avoir quitté mon job de rêve en startup. Après avoir lancé ma propre petite entreprise. Après avoir pris le temps de bien réfléchir de quoi serait faite la suite. Après avoir passé du temps à lire, à participer à des séminaires de développement personnel (coucou Tony Robbins), etc. Bref, après avoir autant réfléchi, il était temps de passer à l’action.

D’autant que ça faisait déjà un certain temps que Chloé et moi pensions sérieusement quitter Paris, son stress, son métro, et ses loyers démentiels. Mais pour aller où ? Longtemps, la façade atlantique a eu le vent en poupe. Nantes, Bordeaux, La Rochelle. Et finalement, une idée un peu folle. Qui a émergé après avoir passé deux semaines de vacances absolument merveilleuses chez nos amis Anne-Laure et Baptiste, qui habitent à La Réunion depuis près de trois ans maintenant. On a été émerveillé par la beauté sauvage de cette île, aussi bien par l’océan bleu roi et ses coraux aux poissons multicolores, que par ses cirques inaccessibles, ses jungles et son volcan, le bien nommé Piton de la Fournaise. Vous l’aurez compris, on en a pris plein les yeux.

Le constat

Mais après tout, ce n’est pas la première fois que j’apprécie le paysage lors d’un voyage. La vraie différence ici, puisqu’on était hébergés chez nos amis, c’était de pouvoir vraiment nous rendre compte de leur vie au quotidien. D’évoquer avec eux les avantages et les inconvénients de leur vie loin de la Métropole. Et surtout constater leur incroyable qualité de vie : un superbe appartement dans une résidence flambant neuve dotée d’une gigantesque piscine, le tout en plein centre-ville de Saint Pierre et à dix minutes à pieds de l’océan et du lagon (la barrière de corail qui protège des requins). Sans même évoquer ce soleil tropical, qui réchauffe la peau autant que l’âme. Et dire qu’on y était pendant l’hiver !! 25° toute la journée et du beau temps pendant deux semaines.

L’écart entre le quotidien d’Anne Laure et Baptiste et le nôtre à Paris était tellement flagrant. Et s’ils l’avaient fait, ça voulait dire une seule chose : qu’on pouvait le faire aussi. C’est donc empli de cette pensée que je suis monté dans l’avion qui m’arrachait à cette île de rêve. Un jour, promis, je reviendrai.

C’était il y a un peu plus d’un an. Nous sommes rentrés le 10 septembre 2018 à Paris. Avec le recul, je me rends compte que ma décision était déjà prise dès que j’ai posé le pied sur le sol métropolitain : j’allais faire en sorte que ça marche. Mais pas question de tout abandonner pour autant, ou de partir dans la précipitation. J’ai donc commencé par faire ce qu’on nous apprend en école de commerce. J’ai listé tous les risques qui menaçaient mon expédition. J’ai fait une véritable analyse SWOT (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) du « projet Réunion », listant méticuleusement les « plus » et les moins », et cherchant frénétiquement une solution à apporter à chaque problème potentiel, une couverture pour chaque risque.

Les risques

Sans tous les énumérer, vous vous doutez du risque qui apparaissait en tête de liste : le risque professionnel. Je bosse dans une startup à forte croissance, j’ai les responsabilités que j’ai toujours souhaité, et à 26 ans je suis le directeur des ventes en plus de mon poste de directeur financier par intérim, ce qui fait de moi le bras droit opérationnel du PDG. Pour couronner le tout, je suis très bien payé, et mes collègues et patrons sont devenus de super potes. En gros, sur ce volet, j’ai tout à perdre : sur le papier, j’ai la vie professionnelle idéale. D’un autre côté, je travaille beaucoup, et passe trop peu de temps avec Chloé, mes amis et ma famille. Je prends trop peu de temps pour moi aussi, j’ai arrêté le sport et je ne lis presque plus. Le stress accumulé de ces deux dernières années d’environnement à mille à l’heure commence à se faire sentir. Je dors mal, je suis encore plus irritable que d’habitude, je suis obligé de prendre des médicaments pour reconstruire une flore intestinale usée par les excès et la tension du quotidien. Ça donne moins envie, tout d’un coup ? C’est pourtant le constat que je vous recommande de faire. Soyez honnête avec vous-même, ne vous mentez pas en ne considérant qu’un seul aspect de votre « succès », ou en vous racontant l’histoire que vous utilisez pour briller aux dîners mondains. Au contraire, voyez aussi ce que votre job et votre quotidien vous coûte. Cette réflexion fait bien dégonfler la peur de perdre cette « situation de rêve », puisque je peux sans doute trouver un job intéressant mais moins stressant et moins prenant.

Côté finance

Ensuite, le risque financier. Je gagne très bien ma vie, j’ai acheté un appartement à Paris, j’ai un gros emprunt sur le dos. Il me faut donc faire rentrer du cash chaque mois pour me maintenir à flots, je ne vais pas partir dans un trip « élever des brebis et vivre d’amour et d’eau fraiche ». Ça tombe bien, ça ne me tente pas. Mais séparons les deux sujets : salaire et coût de la vie d’un côté, et appartement et investissement de l’autre. Pour le salaire, comme je l’ai souvent répété à bon nombre d’entre vous, ce qui compte ce n’est pas ce qu’on gagne, c’est ce qu’on garde. Si je gagne moins à La Réunion, mais que le coût de la vie est moindre, alors peut-être que je peux m’en sortir aussi bien, voir mieux. C’est un phénomène que l’on peut exploiter grâce au géo-arbitrage que vous a présenté Hector. À La Réunion, il y a moins de bars et de restos qu’à Paris, et les activités les plus chouettes sont la plage et la randonnée. Et vous savez ce qu’elles ont en commun ? Ce sont deux activités gratuites !! Il y a donc quelque chose à faire de ce côté-là, même en cas de baisse de salaire.

L’appartement ensuite. Deux solutions assez évidentes de ce côté-là. Je peux le louer, ou le vendre. Dans le premier cas, le loyer reçu vient rembourser le prêt. Dans le second, je rembourse le prêt avec l’argent reçu, et je dégage une petite plus-value pour réaliser d’autres investissements. Je vous dirai dans un prochain article quelle solution j’ai finalement privilégiée !

Je pense que vous comprenez au travers de ces deux exemples qu’à chaque problème, il y a une solution, et qu’à chaque risque, il y a une parade. Ma vie ne sera sans doutes pas exactement la même une fois là-bas, mais je peux faire en sorte que ça marche, et même améliorer ma qualité de vie ! Après tout, n’est-ce pas l’objectif ultime de cette quête de l’indépendance financière ?

Les solutions : concrètement sur place, on fait quoi ?

Une fois ces premiers gros risques pris en compte et potentiellement résolus, vient la partie la plus concrète : qu’est-ce-que je vais faire de mes journées là-bas ? Pour Chloé, c’était facile. Elle est orthophoniste, et il en manque énormément à la Réunion. Elle avait déjà trouvé un poste dans un super cabinet six mois avant notre départ !!

J’avais une vision un peu différente de mon côté. Quitte à changer, autant changer de quotidien également. Plutôt que de dédier tout mon temps à un seul job, j’avais envie de mener plusieurs projets de front. Le plus chouette d’entre eux, il m’est tombé dessus grâce à un ancien collègue Phil. Il a développé Glintter, le réseau social des bonnes adresses, et il cherchait quelqu’un orienté marketing/vente/administratif pour gérer la partie business. On a d’abord bossé ensemble les soirs après le boulot, puis on s’est mis à plein temps ensemble quand j’ai quitté mon job. Aujourd’hui l’application est lancée et fonctionne bien, je vous invite à aller la télécharger et à retrouver mes bonnes adresses en m’ajoutant (ThomasSs). Le plus drôle dans tout ça, c’est que Phil aussi à la bougeotte, et qu’il pense venir me rejoindre et bosser à La Réunion pendant quelques temps. Comme quoi, tout est possible, ne vous limitez pas !

J’ai aussi du temps à côté pour à nouveau écrire des articles et partager cette passion pour la finance et sa vulgarisation. Je refais du sport et j’ai des objectifs assez ambitieux pour l’année prochaine (à suivre). Et j’ai profité de mes derniers mois à Paris pour donner des cours d’entrepreneuriat dans des écoles de commerce. Plutôt pas mal, non, pour ce qui ressemblait à un scénario catastrophe quand j’ai quitté mon job ?

Gardez toujours ça en tête : ce n’est jamais aussi grave ni aussi compliqué qu’on le pense. En outre, et à la différence de nos amis anglo-saxons, nous bénéficions en France de beaucoup de mesures de protection qui vous évitent de sombrer dans une misère noire à la moindre erreur. Je pense évidemment à Pole Emploi, qui a sponsorisé au moins la moitié des entrepreneurs de l’écosystème startup français, et qui permet de maintenir un certain revenu quand on lance son activité et qu’on ne gagne pas encore d’argent. Ou même le RSA, qui permet là encore de survivre en cas d’accident de parcours.

En bref, je ne risquais finalement pas grand-chose à quitter mon job pour me lancer. En cas de succès, je mène la vie dont je rêve et je suis libre de créer et de faire ce que j’adore, et en cas d’échec, je cherche un nouveau boulot, fort de cette nouvelle expérience entrepreneuriale… et reviens plus ou moins au point de départ ! Le pire des scénarios pour vous, c’est donc de rester ou de revenir là où vous en êtes.

Pour creuser sur le sujet, et parce que c’est une lecture indispensable, filez commander 4-hour workweek / La semaine de quatre heures de Tim Ferris.

Et l’indépendance financière dans tout ça ?

Avant toute chose, laissez- moi faire un rappel sur ce qu’est l’indépendance financière. C’est le moyen de vivre une vie de rêve ! De faire ce qu’on veut de son temps, sans devoir se soucier de l’aspect financier. Pour beaucoup, devenir indépendant financièrement est l’objectif ultime, et c’est une grave erreur. Vous feriez finalement la même chose que ceux qui triment pendant quarante ans en espérant que l’État ne fasse pas trop de réformes pour toucher un petit pécule dans un futur très lointain. Ce n’est pas une prédiction, c’est une prière ! Avant même de commencer la quête de l’indépendance financière, vous devez visualiser ce que vous voulez en faire. Cette visualisation vous aidera à rester motivé tout au long du chemin, et à rendre cette quête aussi concrète que possible. J’étais surpris du manque de vision des gens pour leur propre vie, et je vous aidais à construire la vôtre dans un article précèdent.

Une démarche que j’aime bien utiliser, c’est d’identifier les choses, les objets, les expériences, etc. que j’aimerai avoir ou faire pour avoir une vie idéale. Autrement dit, qu’est-ce que je ferai de mon existence une fois indépendant. Par exemple, vivre sur une île paradisiaque, conduire une moto, savoir piloter un avion, etc. et de calculer le vrai coût de ces choses. On est souvent surpris par leur faible coût !

Retour sur mes exemples :

  • Billet Aller pour la Réunion : 300€,
  • Loyer d’un 100m2 à Saint Pierre environ 1,000€ par mois,
  • Moto Yamaha 125cm3 rachetée d’occasion à mon frère 500€,
  • Une heure de cours de pilotage d’avion : 70€, brevet de pilote ULM : environ 2,000€

Dans tous les cas, pas besoin d’être millionnaire pour vivre ma vie de rêve 🙂

Mon point ici est d’insister sur l’essence même de l’indépendance financière comme moyen et pas comme fin. C’est d’ailleurs la première question que je pose à chaque personne qui me dit être en quête de l’indépendance financière : pourquoi ? Que feras-tu une fois indépendant ? Il faut déjà avoir une bonne idée des choses qu’on aime et qu’on a envie de faire, et même les avoir déjà testées avant pour être sûr que ça nous plaît. Lancez-vous, faites votre liste !

Le meilleur exemple est notre idole à tous, Mr Money Mustache. Alors qu’il est riche comme Crésus avec son blog – qui lui rapporte, selon ses dires, environ 200,000$ par an – il estime dépenser entre 27,000$ et 29,000$ par an pour son fils et lui. Pourquoi pas plus ? Parce que ce à quoi il attache de l’importance ne coûte pas cher !! Apprendre à cuisiner pour manger des bons petits plats et régaler sa famille, entretenir un potager pour avoir des légumes frais, passer du temps avec ceux qu’on aime, jouer avec ses enfants : tout ça, c’est à la portée de tout le monde !

Vivre à La Réunion

M’installer à La Réunion pour un ou deux ans, c’est ma manière d’anticiper ma liberté financière et de commencer dès aujourd’hui à vivre ma vie rêvée. Pas besoin de trimer comme un fou pendant dix ans en restant vivre chez papa maman pour économiser et se payer le droit de rêver à une retraite dans un lointain futur. Vous pouvez commencer dès aujourd’hui à vivre la vie dont vous rêvez. Le plus drôle dans tout ça : je mets plus de côté à la Réunion que quand je vivais à Paris… Je me rapproche donc plus vite de l’indépendance financière, tout en vivant une vie bien plus douce : ma Révolution Pastèque à moi. Tentant, non ?

PS : Si vous êtes de passage à La Réunion, faites-moi signe, on boira un verre sur notre terrasse, devant un coucher de soleil 🙂

Cet article a 4 commentaires

  1. C’est ouf !!! Bravo !!!

    1. Merci Caro !! On est plutôt content oui 🙂

  2. Belle aventure. Au moins vous aurez essayé et si ça marche vous serez des gens heureux ! BRAVO

    1. Merci Marie Jo ! On a tout à gagner puisque si ça marche on est content, et si ça marche moins bien on rentre simplement et on retrouve notre “vie d’avant” !

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