Depuis que j’ai passé le BAC, et plus encore à la sortie de mes études, j’aime répéter de manière un peu provocatrice que « mon objectif, c’est d’être à la retraite à 30 ans ». Les réactions des gens me faisaient rire : sarcastique « tu as à peine commencé que tu veux déjà t’arrêter », empathique « la retraite ça ne va pas être tout de suite pour toi mon pauvre, elle ne fait que reculer », ou envieuse « si tu réussi tu me montre comment tu as fait ».

Derrière le concept de retraite

Mais plus généralement, ce qui me frappe c’est la mauvaise conception que les gens se font de la retraite. La retraite, c’est un truc de vieux. C’est à la fin de la vie, quand tu as bossé pendant 40 ans et que ton existence rime avec vacances permanentes. La retraite, c’est ne rien faire (de productif). En fait la retraite, c’est un statut : on est à la retraite, ou on ne l’est pas.

Il y a aussi une notion de mérite dans la retraite, notamment parce que le fait d’être à la retraite est associée à l’allocation retraite : c’est la récompense de l’État pour une vie de (dur) labeur. L’allocation retraite, parlons-en, puisqu’elle constitue l’essence de ce qui fait la retraite : on touche de l’argent sans rien faire, pour une durée indéterminée.

N’est-ce-pas l’objectif ultime ? L’indépendance financière ! Pouvoir vivre en recevant de l’argent sans contrepartie attendue en échange. Nous touchons au but : la retraite est en fait un cas particulier d’indépendance financière, lorsque la source de cette indépendance et de cet argent est l’État (l’allocation retraite). Mais n’existe-t-il pas d’autres sources à exploiter, d’autres moyen d’atteindre le saint graal de l’indépendance financière ?

L’indépendance financière

Travailler dur -et cotiser- pendant quarante ans a donc permis à nos grands-parents d’atteindre l’indépendance financière à leur retraite. Dans le contexte démographique que l’on connaît, n’est-ce pas laisser à l’État un (trop) grand rôle dans nos destinées que de lui confier notre indépendance financière dans un horizon de temps si grand ? Je ne suis pas convaincu que la retraite par capitalisation que nous connaissons aujourd’hui soit toujours debout dans quarante ans, quand viendra mon tour de réclamer mon dû. Je préfère prendre mon destin en main et atteindre cet objectif par mes propres moyens, sans compter sur une éventuelle aide (bien tardive) de l’État.

Et surtout, n’est-il pas possible d’atteindre l’indépendance financière plus rapidement ? Pourquoi attendre d’avoir travaillé pendant 43 ans, parfois sans y avoir pris de plaisir, sans s’être épanouit ? Nous ne recherchons pas la retraite pour l’oisiveté à laquelle on l’associe souvent, mais pour la liberté qu’elle procure. Être indépendant financièrement, c’est pouvoir s’adonner à n’importe quelle activité, professionnelle ou non, rémunérée ou non. C’est pouvoir s’engager dans une association, écrire des articles sur internet, suivre des études, faire de l’aquarelle et de la musique, brasser de la bière (ou de l’hydromel), faire de sport, et ainsi de suite, sans avoir à se préoccuper de notre loyer, de notre pitance journalière et de nos loisirs.

L’indépendance financière, c’est donc le moyen de devenir plus libre pour mieux s’épanouir et s’accomplir. Ce n’est pas exclure le travail, c’est donner du sens à sa vie en se libérant de la contrainte financière.

En un mot : comment faire sortir l’argent de l’équation ?

Le constat de base est sans équivoque en ce qui me concerne : je ne suis pas rentier, mes parents ne sont pas riches. Je n’ai pas de patrimoine. A vrai dire, mon patrimoine est même négatif, car j’ai dû faire un prêt étudiant pour payer mes études. Je travaille à Paris depuis deux ans sans mettre un sou de côté, la faute à la tentation des sorties et à un loyer hors de prix. Pas de doute : il me fallait une méthode à appliquer pour atteindre mon but. Je l’ai trouvée. Puis je l’ai adaptée, personnalisée, et perfectionnée. Et maintenant, j’ai l’intention de vous la transmettre.

Enchanté, Mr Money Mustache

Je pensais être complètement seul sur ma planète -avec quelques héritiers et autres familles royales- quand je suis tombé, presque par hasard, sur le blog de Mr Money Mustache. Une révélation : je n’étais pas seul ! Constat encore accentué par la découverte qui a suivi d’un autre blog : Early Retirement Extreme. Pour faire court : il s’agit d’un américain et d’un canadien qui, après avoir travaillé entre cinq et dix ans, ont investis et mis suffisamment d’argent de côté pour vivre de la rente générée par ces investissements. Ils appellent le concept « Early Retirement », comprenez « Retraite Prématurée », ce qui à mon sens est extrêmement réducteur. Leur philosophie ne se résume pas à travailler comme un âne quelques années avant de siroter des mojitos pour le restant de ses jours. L’intérêt de l’indépendance financière, c’est qu’elle permet à celui qui l’atteint de se concentrer sur ce qu’il souhaite vraiment faire, sans soucis d’argent. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne gagne plus d’argent, où que l’on ne fait plus rien. Plutôt, pour chaque activité, on peut se poser la question « le ferais-je si c’était bénévole ? ».

L’indépendance financière s’appuie sur deux effets : réduire drastiquement le coût de la vie en se recentrant sur ce qui est nécessaire et éliminant sans merci le superflu, et investir les économies réalisées de manière intelligente. Dit comme cela, ça ne ressemble pas à une découverte : on appelle ça la radinerie. Leur travail va au-delà en proposant une profonde réflexion sur les générateurs de bien-être et les artifices sociétaux, sur comment s’épanouir profondément en dépassant les limites sociales et les idées reçues de ce qui constitue le succès aujourd’hui.

Invitation à la lecture

Cette lecture a été absolument jubilatoire pour moi, et je ne souhaite pas résumer une philosophie de vie par nature complexe en quelques lignes ; j’aurais l’occasion de vous reparler de ces deux énergumènes. Pour ceux qui pratiquent la langue de Shakespeare, je ne saurais assez vous encourager de dévorer ces blogs sans aucune modération (et également le livre Early Retirement Extreme de Jacob Lund Fisker, que je considère être la véritable bible du sujet). Pour ceux qui se sont arrêtés à Molière, je tâcherai de relayer leurs grands principes dans les pages de La Révolution Pastèque.

Soyez attentifs, soyez concentrés, soyez déterminés : la révolution de l’indépendance financière est au bout du chemin !

Cet article a 2 commentaires

  1. Merci pour cet article et pour la recommandation de lecture (Jacob Lund Fisher)

    1. Bonjour Christelle,
      Je t’en prie, en espérant que cette lecture (en anglais uniquement) te plaise : ça va bien, bien au delà de la finance ! J’ai prévu de publier un résumé en français dans les prochaines semaines, ça pourrait être utile 🙂

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