Tous les français connaissent le terme d’assurance vie. Et pourtant, un manque de compréhension subsiste sur ce qu’est réellement une assurance vie : beaucoup l’assimilent, à tort, à une assurance décès.

C’est quoi une assurance ?

En échange du paiement d’une prime, une assurance vous permet d’être indemnisé lorsqu’un événement négatif (aussi appelé “sinistre“) se produit. Quelques exemples de sinistres : un accident de voiture pour une assurance auto, une tempête qui détruit une toiture pour une assurance habitation… ou un décès pour une assurance décès !

Il existe de nombreuses assurances, qui permettent de se prémunir contre toute sorte d’événements rares mais désastreux, en supportant un coût constant et limité (la prime).

Et l’assurance vie alors ?

Comme son nom ne l’indique pas, l’assurance vie n’est pas une assurance !  Dit autrement, une assurance vie n’est pas une assurance décès, comme beaucoup le pensent pourtant. Il faut reconnaître que le nom n’est pas du tout explicite !

L’assurance vie est en fait un mécanisme de placement financier. Et pas n’importe lequel, puisqu’on estime que c’est le mécanisme de placement le plus utilisé par les français, pour un encours total estimé à 1 694 milliards d’euros à fin mai 2018.

Les avantages de l’assurance vie

On ne devient pas l’investissement préféré des français par hasard. Un contrat d’assurance vie offre une grande flexibilité à son propriétaire en termes d’investissement. Les différents instruments dans lesquels il est possible d’investir une fois son contrat d’assurance vie en place sont en effet nombreux : actions, obligations, fonds indiciels (ETF), et ce sur différentes zones géographiques et différents paramètres (comme la taille des entreprises, les secteurs d’activité, etc.).

Les contrats d’assurance vie bénéficient également d’avantages fiscaux, notamment un abattement sur la taxation des plus-values réalisées et sur la succession. Mais restons sur une description globale de l’assurance vie : nous détaillerons ses nombreux avantages dans un autre article plus technique.

Chez qui souscrire une assurance vie ?

Comme souvent dans le monde de l’investissement, les intermédiaires privilégiés par les français sont très largement les banques, et plus spécifiquement les banques dans lesquelles ils disposent déjà d’un compte courant. La BNP, La Société Générale, Le Crédit Agricole : ils proposent tous des contrats d’assurance vie. Ceux-ci leur permettent en effet de fidéliser leurs clients, ainsi que de récupérer de généreuses commissions sur leurs investissements.

Les banques en ligne, que nous évoquions dans notre article sur les néo-banques, proposent également des contrats d’assurance vie, à des coûts et des conditions généralement bien plus intéressants que les banques traditionnelles. Il s’agit notamment de Boursorama, Fortuneo, ou BForBank.

Enfin, les petits nouveaux, qui réfutent généralement le nom de « banques » car ils ne proposent pas de comptes courants, à la différence des banques traditionnelles et en ligne. Il s’agit également d’acteurs en ligne, souvent de petite taille, et qui suivent finalement un mandat proche de celui des banques d’investissement : placer l’argent des clients, qu’ils soient particuliers, entreprises ou eux même gérants de portefeuilles d’investissement. Par soucis de simplicité, nous plaçons tous ces acteurs sous la même casquette : les « robo advisor ». Leurs offres varient énormément mais le service proposé reste assez similaire. Quelques exemples des plus connus d’entre eux : Betterment (la star américaine), Yomoni (l’étoile filante française), Nalo ou WeSave. Nous prendrons le temps de détailler leurs offres dans un futur article.

Enfin, ne les oublions pas, vous pouvez évidemment souscrire à un contrat d’assurance vie… chez un assureur ! Generali est un des leaders du marché : ils sont d’ailleurs les gestionnaires des assurances vie proposées par Boursorama, par exemple. Cependant, nous ne vous recommandons pas de faire appel à eux : à la manière des banques traditionnelles, leurs offres sont assez datées, et leurs (maigres) performances sont rongées par des commissions bien au-dessus de la moyenne des nouveaux acteurs en ligne. A éviter, donc.

Mais alors, chez qui on va ?

Comme toujours dans le monde de l’investissement, il n’y a pas de solution magique : si je la connaissais, je ne vous la dirai pas, je l’utiliserai en secret pour devenir milliardaire (je sais, c’est mal, mais en même temps, c’est bien).

Deux indices cependant: Évitez à tout prix les banques traditionnelles à papa et autres assureurs bicentenaires. Leurs offres ne sont absolument pas compétitives.
Pensez comme un financier, pensez diversification ! Vous pouvez souscrire à autant de contrats d’assurances vie que vous le souhaitez, chez autant d’acteurs qu’il vous chante. Il faut toujours éviter d’avoir tous ses œufs dans le même panier.

Concrètement, attachez-vous à évaluer les critères suivants :

  • Réfléchissez bien à votre projet, à ce pour quoi vous investissez et épargnez : pour acheter une maison ? payer les études des enfants ? financer la retraite ? et à quel horizon ? Ce sont ces questions qui vont faire qu’une offre est plus appropriée qu’une autre pour votre projet. Aucun des acteurs mentionnés plus haut n’a la solution parfaite à tous ces projets, mais il vous suffit de choisir celui qui offre la solution la plus adaptée à votre projet.
  • Regardez combien coûte chacun des contrats, sous les différentes formes de gestion proposées (libre, gérée)
  • Comparez les univers de fonds disponibles : est-il possible d’investir dans plusieurs pays, sur plusieurs types d’instruments, sur plusieurs secteurs ?
  • Pensez à « prendre date » : ouvrez un ou des contrats d’assurance vie dès maintenant au montant minimum : l’abattement sur les plus-values s’applique huit ans après l’ouverture du contrat. Vous pourrez ensuite effectuer des versements comme bon vous semble, dans un mois, dans deux ans, ou jamais.

Notez qu’il y a deux grandes catégories de mandats pour parmi lesquels vous pouvez choisir lors de l’ouverture d’une assurance vie : la gestion pilotée et la gestion libre. Dans le premier cas, vous déléguez la gestion de votre portefeuille au mandataire du compte. Cette option est souvent assortie d’une commission annuelle située entre 0.8% et 2% du montant total investi, ce qui est cher. Dans le cas de la gestion libre, c’est à vous de créer votre propre portefeuille librement en choisissant parmi les investissements proposés par le mandataire. Les coûts associés sont moins importants que dans le cas de la gestion pilotée, mais cet arrangement nécessite de bonnes connaissances financières… Que vous aurez le loisir de développer en suivant La Révolution Pastèque !

Une note sur les classements et leurs travers

Internet est rempli de classements sur les différentes assurances vie et les acteurs qui les proposent. Vous pourriez penser qu’ils sont un bon outil pour choisir où ouvrir une assurance vie. Méfiez-vous en. Pour deux raisons : premièrement, vous savez depuis la lecture de la liste précédente qu’il est stupide de vouloir comparez dans l’absolu deux contrats, ce que font tous les comparateurs. Nous cherchons un contrat pour financer un projet spécifique avec des contraintes de temps et de risque particulières, pas un contrat qui est le meilleur en général. Or les comparateurs nous montrent trop souvent les rendements de contrats sur les derniers 6 mois, ou 1 an, ou 3 ans.

Ce qui compte, c’est le projet que nous cherchons à réaliser avec notre assurance vie, et nous voulons donc trouver le contrat nous permettant de le réaliser avec la plus grande certitude. Quelle importance a la performance sur les 6 derniers mois quand je souhaite financer ma retraite qui arrive dans 20 ans ? De plus, les classements sous-estiment largement l’impact de la volatilité sur les performances : si un fond a réalisé +30% l’année dernière, il existe sans doute une forte probabilité qu’il puisse réaliser -20% l’année prochaine, ce que je cherche peut-être absolument à éviter si mon projet est d’acheter un appartement dans un an. Il faut donc considérer le risque associé à chaque contrat et non uniquement ses rendements passés.

En outre, il est bien connu en finance que les rendements passés sont un médiocre estimateur des rendements futurs. Ce n’est pas parce que le prix d’une action a décollé l’année dernière qu’il va continuer à décoller cette année. Le même principe s’applique aux assurances vie.

Ne prenez pas de décision uniquement en regardant les performances passées. Prenez le temps de bien regarder les détails des offres, et notamment des frais : frais d’entrée, frais de sortie, frais de mouvement, frais de gestion, etc. Ce sont souvent ces frais qui rongent les performances des assurances vie, veillez à prendre les plus bas possibles.

La minute actionnable : A Faire Immédiatement

Résumons rapidement : l’assurance vie est un instrument de placement financier très intéressant de part ses conditions d’utilisation et les avantages fiscaux qui y sont liés. Ces avantages fiscaux n’apparaissent que plusieurs années après avoir ouvert l’assurance-vie. Si vous n’avez pas d’assurance-vie, vous devez donc vous précipiter pour en ouvrir une (ou plusieurs) ! Si vous n’avez pas beaucoup de temps pour choisir le contrat le plus adapté à vos besoins, choisissez le moins cher : les coûts s’accumulent, et après plusieurs années, finissent par devenir significatifs, tant en coût absolu qu’en termes d’opportunités perdues.

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