Avec cette série d’article « Le bon épargnant » nous continuons d’exploiter le filon de la rubrique “La Tribune des Pastéquiers”, dans laquelle nous donnons la parole à d’autres pastéquiers que les habituels Hector et Thomas. Après la série sur l’investissement en actions par un banquier londonien, cette série « le bon épargnant » va s’intéresser à l’autre aspect des finances personnelles : l’épargne. Cette fois ci, la parole est à un ancien Sciences Po devenu consultant à Lyon, ami de longue date et sensible depuis toujours à l’idée de « mettre de côté ».

Partant d’un constat simple et un peu alarmiste, nous établirons ensuite un vrai plan pour vous permettre d’épargner au quotidien. Cette série vous donnera les clés pour définir précisément votre budget, et passera en revue des outils qui peuvent vous aider. Ne vous méprenez pas : si l’investissement est sexy, il faut avant tout épargnez pour investir ! Alors prenez des notes, et tâchez d’appliquer ces concepts à votre vie de tous les jours. Bonne lecture, Thomas. 

François Fillon : le contre-exemple du bon épargnant

Est-ce que vous vous souvenez de François Fillon, déclarant avec aplomb au micro de Jean-Jacques Bourdin qu’il ne savait pas « mettre de l’argent de côté » malgré ses 275,000€ gagnés annuellement en 2016, soit 22,900€ par mois en moyenne ? Pour celles et ceux qui ont oublié cette mythique interview, c’est cadeau. Un grand moment de télévision.

Sans surprise, la phrase avait choqué. Au-delà du probable mensonge de l’homme d’Etat, cela traduisait bien le fait que chacun vit avec des exigences de niveau de vie différentes.  Entre une infirmière qui gagne 1,500 € par mois et un banquier qui gagne 5,000€ par mois, il arrive que les deux finissent le mois sans économiser. Un autre exemple : j’ai un bon ami qui gagne facilement 2,700€ par mois à Paris étant ouvrier spécialisé du bâtiment : il parvient à tout dépenser à la fin du mois, car pour lui l’épargne ne fait pas sens. Il faut impérativement dépenser toute la paie durement gagnée au labeur. Or, d’après les avantages liés à l’épargne identifiés par Thomas & Hector, ce comportement microéconomique est bien dommageable.

Note de Thomas : il est intéressant de constater comme le niveau de vie évolue linéairement avec le salaire.  Quand j’étais stagiaire, j’arrivais à vivre à Paris avec des tous petits revenus, et je garde de très bons souvenirs de cette période ! La solution ? Un petit studio, manger des pâtes, ne pas trop voyager… Et finir le mois à zéro, voir dans la zone rouge… Et quelques années après, alors que mon salaire avait été multiplié par quatre ou cinq, le constat restait douloureusement le même : rien de mis de côté, je dépensais tout ! Et puis, le déclic.

Il faut bien comprendre que l’argent dépensé en consommation est perdu, brulé. Je pense au contraire que, dès que nous en avons l’occasion (exemple : un loyer bas, un salaire suffisant, peu de charges imposées outre le gite et le couvert, pas d’enfant à charge…) il faut EPARGNER. Au contraire de la consommation, cet argent ne sera pas perdu : il est investi dans une assurance-vie, dans l’achat d’un logement, etc.. Cet argent est donc un investissement ! Et comme tout investissement, il va générer des revenus dans le futur. Plus tard, cet argent nous assure aussi de la LIBERTE, autre concept fondamental de la Révolution Pastèque.

Note de Thomas : Pour un rappel sur l’épargne, prenez le temps de relire notre précédent article : Epargner, mode d’emploi. 

Mon exemple à Lyon : être un bon épargnant

Je suis à l’opposé de M. Fillon décrit en introduction. Déjà pour ses idées politiques – mais cela n’est pas le sujet – et surtout pour ma gestion de l’épargne. J’ai été diplômé de Sciences Po en 2015 et je me suis installé à Lyon pour travailler dans le conseil aux collectivités territoriales. Venir m’exiler dans la capitale des Gaules avait pour moi un triple avantage :

  1. Me rapprocher des amis du lycée
  2. Profiter d’une magnifique ville de province
  3. Gagner durablement en pouvoir d’achat.

En effet, les loyers lyonnais, s’ils demeurent élevés par rapport à la moyenne française, sont sans commune mesure avec les loyers parisiens. D’après le journal Le Monde, se loger à Paris coûte en moyenne 1,065€ par mois (source). Un chiffre ahurissant pour tout provincial (et pour toute personne dotée de bon sens), car ce budget représente presque 80% de mon propre budget mensuel (détails du calcul à venir). Il revient bien souvent moins cher de vivre dans le centre d’une grande ville de province que dans un quartier résidentiel sans âme d’une ville de banlieue parisienne : cherchez l’erreur.

Note de Thomas : Le loyer moyen à Lyon s’élève autour de 630€ par mois pour un appartement moyen de 41m2. Vu autrement, le loyer moyen à Lyon est de 15,5€ par m2, contre 35€ par m2 pour Paris. Pour un appartement équivalent, il faudra donc débourser plus du double pour vivre à Paris que pour vivre à Lyon. On ne parle quand même pas du fin fond de la Creuse. A méditer.

Encore une anecdote : lorsque que j’ai changé d’entreprise en 2017, le poste proposé était au choix à Paris ou à Lyon… pour le même salaire ! Intitule de vous dévoiler où je travaille maintenant. Ne pas vivre à Paris, c’est souvent gagner en pouvoir d’achat et/ou en capacité d’épargne. Pour forcer le trait, je me dis parfois que je peux quitter mon travail en signant une rupture conventionnelle, demander des indemnités chômage qui s’élèvent à 60% de mon salaire, et vivre à la campagne avec un très faible loyer. Il est probable que ma capacité d’achat finale (c’est-à-dire mon niveau de vie) ne soit même pas altérée par ce changement de vie…

Note de Thomas : Hector et moi sommes en train de construire un classement des villes qui cumulent quelques critères clés : coût de la vie, météo, activités, etc. C’est l’un de nos objectifs pour 2019 d’aller habiter pour un temps dans une ville qui obtient un des meilleurs scores pour voir l’impact sur notre budget mensuel. Les premières recherches sont en tout cas très probantes.

Quelques chiffres

Je vais donner quelques chiffres afin d’être plus clair et transparent. Mon loyer lyonnais est de 500 € par mois comprenant les charges d’eau, d’électricité et internet. C’est particulièrement peu cher car j’habite en colocation. Mes autres charges incompressibles sont : alimentation et restaurant (~300€) transports (~150€) impôts (~200€) achats/shopping (~150€). Ainsi le calcul est vite fait : 500€ + 300€ + 200€ + 150€ + 150€ = 1,300€ de charges incompressibles.
Par rapport à mon salaire actuel, cela revient à mettre de côté 800€ . Comme cela fait maintenant quelques années que je travaille, la somme épargnée commence à être intéressante. Un bilan à modérer pour être honnête, car si je suis économe, je dépense parfois de plus importantes sommes : un vélo de course à mille euros par exemple, une dépense clairement « passionnelle » et non comprise dans le budget initial ci-dessus. L’objectif de tout ça, ce n’est pas d’emmagasiner un magot en banque en réalisant des économies de bout de chandelle, mais plutôt de bien mesurer et limiter la consommation incompressible pour faire augmenter sa capacité d’épargne. Et rapidement, cette épargne peut atteindre des niveaux très élevés : 800€ par mois dans mon cas !

Et puis mon vélo, je peux le considérer comme un investissement. D’abord parce qu’il me donne envie de faire du sport. Ensuite parce que si je déménage à l’étranger ou que je n’en ai plus l’utilité dans quelques années, je pourrai le revendre à un bon prix.

Des outils de gestion de son budget

Ce que je veux démontrer : il est possible d’épargner sans contraindre son niveau de vie. Je ne crois pas qu’épargner signifie vivre comme un moine reclus, sans activités ni passions. Sinon la vie n’a pas de sens, et revient toujours la question « au fait, pourquoi je fais tout cela ? ».

Note de Thomas : La Révolution Pastèque, ça ne veut pas dire abandonner son plaisir actuel pour espérer en avoir plus dans 40 ans. C’est avoir les deux : faire ce qui nous plaît aujourd’hui et s’assurer que ça continue demain !

Etre heureux, et faire ce que l’on aime, ce n’est pas gagner des millions d’euros. Il y a des moyens d’économiser de l’argent tout en gagnant en qualité de vie et en diminuant son impact environnemental :

  • Faire ses courses au marché plutôt qu’au supermarché
  • Voyager en France plutôt que parcourir 10 000 km chaque année
  • Cuisiner ses propres plats pour la semaine, et non systématiquement au restaurant
  • Ne pas posséder de voiture mais la louer à un particulier (sur Drivy par exemple)
  • Sous-louer son logement quand on part pour un weekend prolongé
  • …etc.

Pour que vous ayez une idée plus claire de votre propre budget, j’expliquerai dans un prochain article les outils existants qui peuvent vous aider. Les tableurs Excel et les carnets de compte, très peu pour vous ? De nos jours, le smartphone est de loin le meilleur allié quand il s’agit de mettre un peu d’ordre et de rigueur, dans son budget : « Bankin », « Gerermescomptes », …etc. Les applications mobiles dans ce domaine sont nombreuses. D’ailleurs, n’hésitez pas à indiquer en commentaire votre propre outil de gestion budgétaire.

Etes-vous prêts à épargner ? La révolution pastèque est en marche ! A suivre…

Cet article a 2 commentaires

  1. merci Hector, il va me falloir étudier tout cela en vu d’un article 2/3 donc !! mince…

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