La notion d’intérêt est fondamentale en finance. Il représente la rémunération ou le coût d’un prêt. L’exemple qui vient immédiatement à l’esprit est le prêt immobilier : la banque me prête de l’argent pour que je puisse acheter un appartement aujourd’hui. En échange, je m’engage à lui rembourser dans le futur cet argent (qu’on appelle le capital) plus un intérêt. Simple, basique ? Et pourtant, l’intérêt revêt bien des formes et n’est pas systématiquement simple à estimer.

L’intérêt, le prix du temps

Continuons notre exemple de prêt immobilier : qu’est-ce-qui justifie que je ne rembourse pas uniquement le montant emprunté mais un montant supérieur, et parfois même très supérieur ?

Pour répondre à cette question, mettons-nous dans les bottes (ou les mocassins ?) du banquier : j’ai de l’argent à disposition que je n’utilise pas. Quel intérêt (jeu de mot) ai-je à le prêter à quelqu’un d’autre si ce n’est d’être payé pour ce prêt ? Autant le dépenser tout de suite, l’utiliser pour financer un projet, ou le verser à mes actionnaires sous forme de dividendes. Vu sous cet angle, l’intérêt c’est la rémunération que l’on demande pour renoncer à l’utilisation immédiate du montant que l’on prête. A quoi bon se priver de 1,000€ aujourd’hui, me diriez-vous. Eh bien, pourquoi pas pour avoir 1,010€ demain ? Ce n’est pas assez ? 1,100€ peut être ? 2,000€ ? Le concept est le même (j’obtiendrai plus demain), seule change la quantité d’intérêt demandée.

C’est ainsi qu’a émergé une définition élégante de l’intérêt : l’intérêt, c’est le prix du temps. Dans le cas de notre appartement, je pourrai l’acheter dans vingt ans après avoir suffisamment économisé, mais je souhaite l’acheter tout de suite. Je suis prêt à payer plus cher la même chose, prêt à payer pour éviter d’attendre, donc prêt à payer pour gagner du temps.

Le taux d’intérêt

L’intérêt est étroitement lié au temps. D’ailleurs, il est souvent exprimé sous forme de taux. Le taux d’intérêt, c’est le pourcentage d’intérêts à payer par rapport au prix de ce que je souhaite acheter. Ce taux est généralement exprimé par an. L’occasion pour nous de faire un rappel rapide : attention à toujours regarder les taux d’intérêts annuels ou annualisés, et non les taux d’intérêts ‘brut’, sans se soucier de l’échelle !

Par exemple, lorsque l’on annonce un prêt immobilier de 200 000€ sur 25 ans à un intérêt de 2%, cela ne signifie pas que le montant total de l’intérêt à payer est de 4 000€ (2% de 200 000€), mais bien 2% par an du “capital restant du”, soit un total de 54 000€ (je vous garde les détails du calcul pour un prochain article spécial prêt immobilier). 2% d’intérêts semblent inoffensif, mais rapportés à 25 ans cela représente tout de même 54 000€ ou d’un quart du prix d’achat (de 200 000€). Le “prix du temps” est donc de 54 000€ !

Si les intérêts sont souvent associés à un prêt et donc à un coût, le taux d’intérêt est également une rémunération pour la personne de l’autre côté de la transaction. Nous-mêmes pouvons percevoir des intérêts dans certains contextes, et donc les considérer comme une rémunération : Livret A, assurance vie, etc.

Un préteur, un emprunteur

Maintenant que nous avons bien compris la situation de l’emprunteur avec l’exemple du prêt immobilier, mettons-nous à nouveau dans celle du préteur. Un exemple du quotidien : le livret A. « Quoi ? mais le Livret A, ce n’est pas un prêt ! c’est un livret d’épargne au revenu garanti par l’État ! ». Élémentaire mon cher Watson.

Et pourtant, le concept même d’épargne est une forme de prêt : dans le cas du Livret A, c’est vous qui prêtez votre argent, et l’État qui vous l’emprunte ! En tant que prêteur, vous recevez un intérêt (0,75% par an). L’État lui est l’emprunteur et vous paye cet intérêt : la situation du prêt immobilier s’est inversée.

Alors que j’étais prêt à payer pour gagner du temps dans le cas du prêt immobilier, ici c’est moi qui suis payé pour ne pas utiliser mon argent tout de suite.

Intérêts simples, intérêts composés

Il existe deux grandes familles d’intérêts, les intérêts simples et les intérêts composés. Les intérêts simples, comme leur nom l’indique, sont simples à calculer. Par exemple, si j’investi 100€ (le capital) dans un investissement qui rapporte 10% d’intérêts simples par an, je gagne 10€ d’intérêt tous les ans et mon investissement passe de 100€ à 110€ la première année, 120€ la deuxième, etc. Les intérêts simples sont uniquement calculés sur le capital.

Les intérêts composés sont quant à eux calculés sur la somme du capital et des intérêts passés. Je m’explique en gardant le même exemple : si j’investi 100€ (le capital) dans un investissement qui rapporte 10% d’intérêts composés par an, je gagne 10€ d’intérêt la première année (10% de 100€), mais 11€ la deuxième année (10% de 110€). D’un point de vue technique, l’intérêt composé équivaut au réinvestissement des intérêts passés dans le capital.

Sur un an, l’écart entre intérêts simples et composés est minime, mais il gonfle exponentiellement avec le temps. L’exemple sur un graphique, avec un taux d’intérêt unique de 10% :

Années Intérêts composés Intérêts simples
0  100 € 100 €
1  110 € 110 €
2  121 € 120 €
3  133 € 130 €
4  146 € 140 €
5  161 € 150 €
10  259 € 200 €
15  418 € 250 €
20  673 € 300 €
30 1 745 € 400 €
40 4 526 € 500 €

Conclusion, le type d’intérêt utilisé a un impact significatif sur l’investissement ! Si vous êtres le prêteur, vous préférerez les intérêts composés et leur effet cumulatif qui va augmenter votre intérêt sur la durée. Si vous êtes emprunteur, c’est l’inverse : vous préférerez, dans la mesure du possible, un intérêt simple, qui, à taux égal, est moins onéreux.

Le temps, c’est beaucoup d’argent

Autre enseignement des intérêts composés : leur effet devient exponentiel au fur et à mesure que le temps passe. La plus-value réalisée sur un an peut être considérée comme minime. En effet, plus ou moins 10% ne change pas fondamentalement votre vie. Par contre, mis bout à bout sur vingt ans, les intérêts composés vont multiplier l’investissement initial par presque 7, et l’effet ne fait que s’accélérer ensuite. L’investissement initial est multiplié par 10 après vingt-cinq ans, par 17 après trente ans, par 45 après quarante ans, par 117 après cinquante ans, par 304 après soixante ans : vous l’aurez compris, je ne m’en lasse pas ! L’écart avec les intérêts simples explose littéralement.

Évidemment, obtenir un taux d’intérêt de 10% sur une si longue période n’est pas chose aisée. Mais cela doit vous amener à réfléchir sur les moyens de reconnaître les investissements qui offrent des rendements et des intérêts élevés, pas vous empêcher d’investir ! N’attendez pas d’avoir cinquante ans pour vous y mettre, car même si votre épargne sera sans doute plus conséquente, elle aura moins de temps pour fructifier.

Un secret

C’est une vérité simple mais qui est devenue presque un secret : investissez au maximum quand vous êtes jeunes. Cette vérité est l’essence même de la Révolution Pastèque. Nous voulons vous aider à épargner au quotidien sans perdre en qualité de vie (teaser : vous allez vous surprendre vous-même des montants que vous allez mettre de côté avec quelques reflexes de tous les jours) et vous permettre d’investir cette épargne intelligemment pour la faire fructifier et réaliser vos projets et vos rêves. Le mien, c’est d’être indépendant financièrement pour m’investir dans les projets qui me tiennent à cœur sans me soucier de l’argent, et de retaper un corps de ferme en Auvergne. Et le votre ?

Cet article a 1 commentaire

  1. Je trouve votre blog très intéressant. Je vais essayer de suivre au maximum les articles, notamment ceux qui font de la vulgarisation des concepts financiers. Petit conseil à nos amis Parisiens qui veulent atteindre le Saint Graal de l’indépendance, venez, dans la mesure du possible, habiter en province ! Les loyers sont au moins 2 x moins chers… ce qui permet de pas mal d’argent de côté.
    Continuez à publier des articles ! Comment gagner des sous avec des cakes au saumon, j’adore !

Laisser un commentaire

Fermer le menu
%d blogueurs aiment cette page :