Le HFT, ou High Frequency Trading est une stratégie d’investissement reposant sur la vitesse et la fréquence d’exécution des ordres d’achat et de vente passé sur les marchés financiers.

Les entreprises de HFT cherchent à être les plus rapides possible à passer des ordres, et vont donc souvent être hébergées dans des colocations, c’est-à-dire qu’elles louent des bâtiments adjacents aux serveurs des grandes bourses (NASDAQ, NYSE, LSE, CBOE, ec.). Cela leur permet de passer leurs ordres plus rapidement car ils sont branchés directement au serveur d’excécution des ordres. Ces entreprises cherchent parfois à réduire le temps de trajet de l’information, et vont donc utiliser des infrastructure spécialement construites pour ces usages. Cela compte notamment des fibres optiques, mais également des installations utilisant des ondes courtes ou longues. Si vous voulez en savoir plus sur ces sujets, direction des blogs anglophone : Meanderful, pour un bel état des lieux, et A Sniper in Mahwah pour des discussions sur le trading par ondes courtes)

Les High Frequency Traders les plus connus sont les sociétés Virtu, Citadel, Renaissance, et KCG. Elles sont très discrètes et parlent très peu de leur fonctionnement aux médias ou aux autres entreprises du secteur. Les HFT représentent plus de 50% des transactions (en valeur) aux Etats-Unis, et près de 40% en Europe. Ce sont donc des acteurs titanesques !

Une stratégie commune des HFT est celle de “Market Making“, c’est-à-dire qu’ils proposent des titres à la fois à la vente et à l’achat, et ajustent constamment leurs prix. Cette stratégie permet de grapiller quelques petits bénéfices très maigres à chaque transaction, mais qui peuvent devenir conséquents lorsque l’on réalise ces transactions des centaines ou milliers de fois par minute.

Contre les HFT

Les HFT sont ouvertement critiqués par une bonne partie du monde financier par les médias traditionnels. Parmi les reproches qui leur sont fait, les banques se plaignent du fait que leur capacité à réaliser des transactions à une vitesse plus élevée qu’elles leur permet de faire évoluer les prix lorsque la banque passe un ordre. Par conséquent, la banque perd un peu d’argent car le prix monte lorsqu’elle achète et baisse lorsqu’elle vend des titres !

En outre, une autre critique leur est régulièrement adressée : la vitesse extrême n’a pas d’intérêt, et perd tous les acteurs qui contribuent réellement à l’économie, et utilisent les marchés financiers traditionnels.

Pour les HFT

La réponse des HFT à ces deux critiques est la suivante : le bénéfice qu’ils obtiennent en faisant bouger les prix lorsque les banques réalises des transactions est leur juste rémunération : sans eux, ces ordres n’auraient probablement pas pu être passé, car ce sont eux les plus gros market makers, c’est-à-dire que ce sont eux qui offrent le plus de titres à l’achat et à la vente. D’autre part, aucune étude ne montre aujourd’hui que la vitesse d’exécution atteinte par les HFT ne porte préjudice aux autres participants des marchés financiers. Une étude de la SEC, le régulateur américain, a ainsi montré qu’une vitesse de transaction en-deçà d’une seconde ne créé pas de bénéfices apparents, mais que l’on n’identifie pas non plus de dommages.

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