Ça fait maintenant un an que ma startup BulldozAIR s’est installée à Station F. C’est l’heure de partager avec vous un premier bilan sur le plus grand incubateur de startups du monde. À l’époque, l’inauguration avait fait tabac : rien de moins qu’un triptyque présidentiel avec Emmanuel Macron, Anne Hidalgo, et Xavier Niel (le fondateur de free) pour couper le cordon. Mais Station F, c’est quoi au juste ?

La Halle Freyssinet

Station F n’a pas toujours été Station F. Le bâtiment d’origine, construit en 1929, est un entrepôt de fret ferroviaire ! C’est la naissance de la halle Freyssinet. Elle doit son nom à son concepteur, Eugène Freyssinet, ingénieur ponts et chaussées qui invente pour l’occasion le béton précontraint. Celui-ci lui permet de construire des poutres très fines et longues de plus de vingt-cinq mètres, mais suffisamment solides pour soutenir la nef monumentale de l’édifice (l’innovation, déjà !). L’entrepôt a été exploité par la SNCF jusqu’en 2006, puis laissée littéralement à l’abandon.

Un projet fou

C’est en 2013, après quelques péripéties, que la Halle Freyssinet va connaître un nouveau destin. L’annonce fuite dans la presse : elle va être rachetée, puis rénovée et enfin transformée en incubateur de startups. Derrière ce projet, l’ambition (politique) de devenir LA vitrine mondiale de l’innovation en France. Tout un programme. Coût estimé de l’opération : 70 millions d’euros pour le rachat du bâtiment à la SNCF, 60 millions d’euros pour la rénovation. Le tout financé quasi exclusivement par un seul homme : Xavier Niel, le fondateur de free, et pape de l’entrepreneuriat français (note à moi-même : l’année 2013 est donc productive pour lui, avec en parallèle le lancement de l’École 42). Date d’ouverture prévue : fin 2016.

Fin des travaux à Station F

L’ouverture

C’est finalement le 29 juin 2017 que Station F est officiellement inaugurée. Coût estimé de l’opération : 250 millions d’euros. Temple de l’innovation certes, mais pas de là à disrupter la construction et finir le projet à temps et dans les budgets (en même temps, ils n’ont pas utilisé BulldozAIR) ! En pratique, quelques startups ont déjà élu domicile dans les 34 000m2 d’open space. Il s’agit du plus grand incubateur du monde : pas moins de 3 000 personnes de 1 000 startups prendront place dans le même lieu. Pas dans la Silicon Valley, pas à Shanghai, mais bien dans la patrie du vin et du fromage, plus connue pour ses grèves que ses innovations.
Alors pour fêter ça, tout le monde est là : les politiques, évidemment, puisque l’objectif de construire une vitrine est réalisé. Les journalistes du monde entier, qui se précipitent dans ce nouveau lieu tendance. Les architectes, qui viennent voir l’impressionnante réhabilitation pilotée par le maître Jean-Michel Wilmotte. Et enfin l’écosystème startup dans son ensemble : fondateurs, fonds d’investissements, clubs, incubateurs, accélérateurs et tutti quanti. Le monde entier découvre Station F.

Le trio Niel – Hidalgo – Macron inaugurant Station F

Les trois espaces

Le bâtiment est divisé en trois espaces distincts. Le Share est la première zone, celle que l’on peut visiter en venant de l’extérieur (en étant muni d’une invitation). Vous retrouverez les fonds d’investissement, le grand amphi, le local de la French Tech, le Techshop par Leroy Merlin (pour réaliser des prototypes), et évidemment le fameux anticafé (ouvert au public) dans cet espace.

Le second espace est un véritable coffre-fort, il s’agit du Create. Ici, seules les startups résidentes et leurs collaborateurs ont le droit d’entrée. C’est le grand open space de 3 000 places. Les gestionnaires du bâtiment veulent absolument éviter de créer un « zoo de startups » où touristes et badauds viendraient prendre des photos des développeurs en plein travail.

Enfin, l’espace Chill, inauguré au printemps 2018 et consacré à la détente, est ouvert à tous. C’est Big Mamma qui est en charge de l’aménager et de l’exploiter (voir plus bas).

La gestion des 1 000 startups

Station F ne gère pas les 3 000 places en direct : elle délègue la majeure partie de ceux-ci à des structures extérieures, qui elles même se chargent de sélectionner des startups. On compte une trentaine de ces structures. Il s’agit d’écoles (HEC, EDHEC, Centrale, Les Ponts, INSEAD, etc.), d’incubateurs métiers (Impulse Partners, NUMA, Usine IO) et de grandes boites (BNP, Facebook, L’Oréal, Thales, LVMH, etc.).

Station F garde néanmoins le contrôle d’environ un quart des places pour proposer ses propres programmes d’accélération, le Founders Program et le Fighters Program. J’en profite pour vous dire que les candidatures sont actuellement ouvertes pour le Founders Program : fondateurs de startup, il s’agit d’une exceptionnelle opportunité de vous placer au cœur de l’écosystème et de progresser vitesse grand V pendant six mois… A vos claviers !

L’espace Create, l’Olympe des open-space pour startups

Au quotidien

Mais qu’est-ce-que ça fait au juste, de travailler au quotidien dans un open space avec 3 000 personnes ? Tout d’abord il faut souligner que l’acoustique est un modèle du genre : ça ne résonne pas, les bruits sont étouffés, et il existe de nombreux recoins pour être au calme… on dit merci Monsieur Wilmotte ! Ensuite, il faudra du temps pour remplir entièrement Station F, puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, en juillet 2018, le taux d’occupation oscille entre 55% pour la police et 66% pour les syndicats.

Il faut bien reconnaître que l’aura du lieu est incroyable, et chaque jour nous recevons des délégations de grandes entreprises qui viennent s’en inspirer. De nombreux événements y sont organisés. Quelques exemples : nous avons reçu le CTO d’Amazon pour une conférence, Alibaba y a fait sa première conférence en Europe, la French Tech organise des événements, etc.

Enfin, il regne à Station F un fort esprit d’émulation. Dans un monde de plus en plus dématérialisé, où l’on organise des “conf call” et autres réunions à distance à longueur de temps, on avait oublié l’incroyable puissance de la proximité. Dans un seul bâtiment, tout un écosystème. Dans une journée, on croise tantôt Xavier Niel, tantôt un entrepreneur à succès, on partage une table avec la pépite de demain, on boit un café avec un investisseur, on accueille des étudiants aux yeux qui brillent (qui deviendront des stagiaires aux yeux qui pleurent)… Et ces rencontres génèrent une sensation de fourmillement que l’on n’avait pas l’habitude de ressentir en dehors de la Silicon Valley : c’est là que ça se passe !

La cerise sur le tiramisu

La cerise sur ce gâteau déjà bien dense, c’est évidemment l’emménagement de La Felicita dans l’espace Chill. Le dernier né de la famille Big Mamma est à l’image du lieu et des ambitions de ces pizzaiolo 2.0 : démesuré. Comprenez-moi bien, on parle tout de même du plus grand restaurant de Paris avec ses 4 500m2 et 1 000 couverts ! Le concept : créer un véritable « Food Market » à la londonienne, où différentes cuisines cohabitent : four à pizza sur la terrasse, trattoria sur la gauche, salades et burgers à droite, cafeteria dans le fond, 3 bars… L’allégorie de la détente version Big Mamma. On y a passé pas mal de temps, entre déjeuners avec les clients, afterwork avec l’équipe et évidemment les matchs de la coupe du monde, et on ne s’en lasse pas !

La Felicita, un beau mélange d’ambiances

Alors, une balade dans Station F, ou manger une pizza à La Felicita, ça vous tente ? Contactez-moi et on organise une visite spéciale Pastèque ! D’ici là, ciao e buona rivoluzione.

Cet article a 2 commentaires

  1. Je suis partante pour la visite spéciale Pastèque moi !

    1. On s’organise ça bientôt alors 🙂
      Peut être plus simple un jour de septembre vu les congés ?

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